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MARS-AVRIL 2008 : Notélé accompagne Action Sénégal à Thienel, Sor et Yeumbel

Projets de l’ASBL avec l’IPES et l’école de Blaton

mardi 13 mai 2008, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

Séduit par le travail de l’ASBL à Thienel-Sakhobé au Sénégal, par le travail de sensibilisation auprès des jeunes ici en Belgique, par le projet de construction d’un centre ouvert pour les enfants talibés, Jean-Pierre Winberg, directeur de Notélé décide, après quelques réunions, d’envoyer une équipe ( Xavier - Régine ) avec le groupe d’Action Sénégal de mars/avril 2008 sur le terrain.

Vendredi 21 mars, lever à 7H, c’est le jour du grand départ avec deux équipes et 700 kg de matériel et colis.

>la première équipe constituée des deux journaliste/caméraman, de Marina (enseignante de l’école de Blaton) , d’ Arthur/William/Pierre pour les ateliers de théâtre et moi-même.

>la deuxième équipe constituée de 6 élèves de l’IPES et de Christophe, leur professeur

Inutile de dire que pour arriver dans le Sahel, nous n’avons pratiquement pas dormi pendant 40 heures au cours du trajet. l’aventure commençait "FORT".

D’un côté, les élèves de l’IPES dans un mini bus avec Christophe, Birane et ses musiciens sénégalais qui ont "allumé le feu" aux sons de leurs djembés. D’un autre côté, notre groupe, dans un taxi-brousse 7 places, parti en avant vers St Louis pour la récupération de 750 arbres et pour les négociations d’un véhicule destiné à transporter les manguiers/bananiers/eucalyptus jusque Thienel.

Ensuite, après une nuit à la belle étoile dans un terrain vague au milieu des chardons et un petit déjeuner entouré de talibés, c’est en charrette, pirogue, bac et ’ baché ’ transportant 36 passagers ( 18 à l’intérieur - 18 au dessus ) que nous avons pu atteindre Thienel, le village du "bout du monde" !

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Nuit à la belle étoile sur un terrain vague

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Avec le charretier Demba de Thienel

1ère étape : MISSIONS A THIENEL-SAKHOBE

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VILLAGE DE THIENEL SAKHOBE

PROJET DES PEPINIERES/FOURS SOLAIRES > assuré par les élèves l’IPES et Christophe qui ont été aidés par les villageois, Arthur, William, Lamine Sow et Abou Tikel, chef de l’agriculture.

Pour les plantations, il a fallu changer de stratégie parce que la croissance des manguiers/bananiers/eucalyptus était déjà bien avancée depuis l’achat de ceux-ci en janvier 08.

> Plus de 200 bananiers et une centaine de manguiers ont été plantés dans le terrain clôturé par Quentin et Anne-Philippe.

> Les 250 eucalyptus ont été rempotés et placés sous une toile d’ombrage emmenée par l’IPES

> Moussa, le maçon du village aidé de villageois ont construit un bassin de rétention d’eau

> Des manguiers et bananiers ont été replantés dans le jardin de l’école ; Le Directeur N’Dieye, et les enseignants Fall et Djiao ont organisé les charges avec les élèves pour l’arrosage.

> Montage des deux fours solaires confectionnés par les élèves - Etude expérimentale qui n’a pas été concluante : la température monte bien mais n’atteint pas 200°C en raison d’un problème d’étanchéité et de la faible épaisseur des parois en bois. Un nouveau prototype a été reconstruit dans le cadre de la porte ouverte de l’IPES le 27/4/08 . Il sera emmené à Thienel par Nicolas et Sylvie en mai.

Félicitations à toute cette formidable équipe de l’IPES !

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A l’ombre !
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LAMINE SOW, plus que satisfait du projet travaille avec Abou tikel pour une évolution optimale
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le repas est amené par les villageois sur le terrain des bananiers
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Abou Tikel, chef de l’agriculture

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Arrosage des bananiers pendant la plantation
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Construction du bassin de rétention d’eau par Moussa Leye

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1er arrosage du terrain : EPIQUE !

Prévoir l’imprévisible .... La première "inondation" du terrain après les plantations a été mémorable ! La veille de l’inauguration du terrain de bananiers, durant toute la nuit, les chants du prophète ont été diffusés à travers le haut-parleur de la mosquée... ce qui a valu un déchargment total de la batterie qui sert aussi à mettre en route le motopompe !!! Pour recharger la batterie, il faut se rendre dans le village voisin ( Rien n’est simple là-bas > plusieurs heures de charrettes et pirogues aller/retour + une nuit de chargement de batterie ) Âprès avoir montrer un certain mécontentement, il a fallu garder la patience et l’espoir afin de trouver la solution qui permettra de pallier à ce problème rapidement. Pour eux, c’est anecdotique ... Finalement, la solution a été trouvée le lendemain matin avec la batterie du panneau solaire du dispensaire en attendant que l’autre soit rechargée dans le village voisin. Et puis, quand on pense que tout va bien se passer, une situation insolite ou complexe surgit > La crépine est défectueuse ! Il a fallu amorcer la pompe en injectant des dizaines de litres d’eau... Ce travail a nécessité la présence de 5 personnes ! L’attente fut longue mais quelle émotion de voir cette eau provenant du Guelonga à travers le tuyau en acier, puis dans les canaux à ciel ouvert pour venir inonder le terrain des bananiers ...presqu’un miracle !

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Montage des fours solaires

AUX DERNIERES NOUVELLES ( semaine du 1er mai )

>La crépine est réparée ; Une fois par semaine, on fait l’appel des villageois à travers le haut parleur de la mosquée pour l’arrosage du terrain des bananiers ( tout comme on a annoncé à travers ce haut parleur la fin des travaux de la classe )...

> Les derniers 141 manguiers ont été replantés sur un autre terrain entouré d’épineux qui sera clôturé par Nicolas et Sylvie en mai/juin

> les villageois ont recouvert le pied de chaque arbre avec de la paille pour éviter l’évaporation trop rapide après arrosage ce qui permet un gain au niveau du gasoil du motopompe

> Lamine Sow a semé des plantes ’coupe-vent’ le long de la clôture

> Quelques pertes au niveau des eucalyptus ( peut-être qu’il s’agit d’une mauvaise adaptation à la terre argileuse au moment du rempotage )

> Les bananiers poussent très bien ; les racines donnent déjà de nouvelles pousses de bananiers. En principe, les bananes apparaîtront fin de l’année 08

> Une fois par semaine, les villageois arrosent le terrain

PROJET de la mini entreprise de couture gérée par Mariam Dia

Après avoir rencontré la responsable du groupe de couture (Mariam Dia) pour une mise au point, il s’avère qu’après avoir reçu des cours sur l’utilisation des machines et des cours de couture, les femmes souhaiteraient maintenant recevoir des cours de coupe. Au terme de la réunion, un lot de 65 mètres de tissu a été offert.

Une vérification a été effectuée également au niveau du bon fonctionnement des machines à coudre

> une seule machine présente une petite anomalie mais qui sera réparée par Siley , le formateur.

Les couturières ont vendu leurs premières confections au sein du village mais pour le deuxième lot de tissu offert, les femmes se sont engagées à réaliser les vêtements avant l’arrivée de Nicolas et Sylvie avec qui ils feront le marché hebdomadaire à Dodel le dimanche matin. La mission de Nicolas et Sylvie consistera en l’apprentissage de la gestion de la mini entreprise de couture

> 1/3 pour l’entretien et la réparation des machines - 1/3 pour l’achat des tissus/boutons/fil/galons ... - 1/3 pour le bénéfice à partager entre les couturières

PROJET de construction de la 3ème classe

Le gros oeuvre a été assuré par Quentin, Anne-Philippe, leurs amis belges, des villageois et Moussa, le maçon du village en janvier/février 2008.

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Moussa Lee, le maçon de Thienel

Les matériaux de la toiture sont arrivés le soir du 25 mars lorsque nous étions sur place.

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Arrivée des matériaux pour la toiture le 25 mars 08

Nous avons également rencontré l’inspecteur principal du Fouta qui s’occupait d’acheminer les portes, fenêtres et impostes commandées dans une école de Podor. Ces fen^tres et porte étant réalisées par les élèves d’une section professionnelle sont arrivées en avril. Djiao, enseignant, se charge de récupérer les trois impostes.

Pour les finitions, Moussa Lee, le maçon , s’est engagé à terminer l’intégralité de la classe avant l’arrivée de Nicolas et Sylvie :

Les travaux du chaînage du haut et de la toiture sont terminés. Les fenêtres et la porte sont placées. Il reste à appliquer l’enduit intérieur et extérieur, à faire la chape intérieure, le béton de propreté, le trottoir extérieur et la pose des trois impostes.

En ce qui concerne le panneau solaire placé par Ben et Arthur produisant l’électricité dans les deux autres classes, les enseignants sont vraiment satisfaits parce que les élèves profitent de cette ’énergie’ pour venir apprendre leurs leçons le soir à l’école

PROJET du dispensaire

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La matrone Athia

Après la réunion avec le responsable de la Santé Demba Dia et Athia, la matrone, il apparaît que celle-ci fait participer les villageois pour les premiers soins et donc avec son fond de caisse constitué , elle a recommandé des médicaments, désinfectants, pansements qui devaient être livrés en avril.

Les moustiquaires imprégnées ont été distribuées dans chaque concession avec un rappel de l’utilité de celles-ci afin d’éviter les crises de paludisme.

En ce qui concerne le panneau solaire, tout fonctionne bien !

2ème ETAPE AU CENTE AED, CENTRE OUVERT POUR LES TALIBES

C’est l’étape la plus émouvante et on en revient la gorge serrée !

Au Sénégal, tout se disloque au quotidien et la pauvreté y gagne, chaque jour, de plus en plus de terrain ; Il manque le minimum vital, et les mécanismes de la solidarité sociale traditionnelle s’effritent de plus en plus, les femmes et les enfants sont presque toujours les laissés pour compte. Si nous avons rencontré la misère dans le Sahel avec des enfants qui ne mangent pas à leur faim chaque jour, le problème de l’eau ( un seul puits presque à sec pour tout le village de Thienel ), et l’absence d’électricité,... , chez les enfants talibés , c’est la misère morale la plus totale, indescriptible et inacceptable !

C’est dans ce contexte défavorable que lors de nos voyages humanitaires au Sénégal, nuit et jour, nous les avons vus, observés et cotoyés. Nous avons discuté avec ces petits enfants qui circulent dans les rues à la recherche de quoi se nourrir quotidiennement et s’habiller.

Après de nombreuses demandes d’aide urgente qui sont plus que justifiées de la part de Souleymane Anne, le projet se concrétise > l’achat d’un terrain et la construction d’ un centre ouvert dans un quartier ( SOR ) qui compte 70 000 habitants dont 13 000 enfants talibés et plus de 500 daaras.

Historique

Il y a 15 ans, à sa retraite, Souleymane Anne décide de fonder le centre AED ( Action enfance Développement ) parce qu’il se rend évidemment compte de ce fléau mais ne peut, à défaut de réaction politique, qu’agir à petite échelle sur le terrain.

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Souleymane Anne, fondateur de l’AED

Ce centre constitué d’une équipe formidable a pour objectif d’améliorer la vie de ces enfants en leur offrant hygiène, nourriture et possibilité de suivre des cours.

Actions concrètes de l’AED :

· goûter offert tous les vendredis aux talibés

· soins médicaux avec l’appui d’un infirmier

· cours (français, anglais...)

· cours d’alphabétisation pour les plus jeunes

· travail social qui consiste à retrouver les familles de ces petites victimes - travail pour la réinsertion des enfants au sein de leurs familles quand on peut les localiser

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File d’attente pour de nombreux candidats pour le goûter du vendredi. Malheureusement, , ce sont les 100 à 150 premiers talibés qui auront la chance de le recevoir , faute de moyen pour l’AED

Le bâtiment qui accueille actuellement ces enfants est insalubre, exigu, et n’appartient pas à l’équipe de l’AED . Il s’agit d’un bâtiment dont la location est assurée par la fondation Raoul Follereau de Paris. Le bâtiment n’étant pas la propriété de l’AED, l’ASBL a pris la décision de construire un nouveau bâtiment plus spacieux et fonctionnel.

En avril, grâce aux activités organisées en Belgique nous avons pu découvrir le terrain sur lequel sera construit le centre, et rencontrer le vendeur chez le notaire Samuel Baloucoune pour les démarches administratives >nous attendons les papiers officiels de la restructuration du quartier de la part du président de l’urbanisme pour conclure l’achat du terrain

POUR RAPPEL, Si vous n’avez pas lu les articles précédents >informations sur les talibés

Ce sont des petits enfants qui mendient dans les rues, habillés en haillons, sans chaussures avec à la main un pot de tomate ( ou actuellement , on oberve ces talibés avec des pots jaunes ou rouges en plastic avec un couvercle )faisant office de réceptacle pour les différents mets qu’ils réussissent à collecter. Certains passants donnent parfois une pièce ou deux, mais le besoin de ces enfants dépasse de loin ces quelques pièces qu’ils réussissent à amasser. Contrairement aux mendiants que l’on a l’habitude de rencontrer dans la rue, ces enfants sont souvent apprenants du Coran, communément appelés « Talibé ». Ils étudient dans les écoles environnantes ou « daaras » entretenus par des maîtres coraniques appelés « Marabouts ». Estimés déjà à plus de 100 000 dans la capitale, Dakar, ces talibés qui sont parfois âgés de quatre ans ont été confiés par leurs parents aux daaras se situant le plus souvent très loin de la famille de l’enfant. Parce que la plupart du temps les parents n’ont pas les moyens de payer pour la scolarité de leurs enfants ou leur entretien, les marabouts envoient ces enfants mendier dans la rue. Là-bas, les enfants deviennent facilement victimes de crimes, sont exposés aux maladies, et très souvent à de tragiques accidents de la route. De plus les talibés sont souvent victimes de sévices corporels lorsqu’ils n’arrivent pas à collecter la somme fixée par le marabout.

En principe, les parents viennent confier leurs enfants au « Marabout » qui est chargé de leur enseigner le Coran et de leur apprendre les valeurs de l’Islam. Malheureusement, pour plusieurs raisons, la première étant la pauvreté, nous assistons à une prolifération des cesdits Daaras, entretenus par desdits maîtres coraniques dont les compétences laissent à désirer et dont le seul et unique but est de se faire de l’argent sur le dos de ces malheureux petits enfants en les obligeant à mendier, vu que cette activité est très lucrative.

La plupart du temps, ces maîtres coraniques viennent de pays limitrophes accompagnés d’un nombre non négligeable d’enfants supposés être leurs talibés (éléves). Ils s’installent dans des abris de fortunes. Ils mettent les talibés devant le fait accompli les obligeant donc à rapporter une certaine somme d’argent par jour sous peine d’être battu. Ces talibés mènent un rythme de vie infernale dans leur Daara (... ) Ils se lèvent tous les jours avant la prière du matin et vont mendier plus de 12 heures par jour pour pouvoir verser la somme journalière à leurs Marabouts. Il arrive même parfois qu’ils sortent de nuit pour pouvoir compléter leur versement. Ainsi de suite les jours se suivent et se ressemblent. Cette mendicité, forcée, expose ces enfants à tout type de risques. Pour pouvoir collecter la somme journalière imposée par le maître coranique, les enfants sont prêts à tout faire et certains iront jusqu’au vol tandis que d’autres iront livrer des colis avec un contenu inconnu pour des gens qu’ils ne connaissent pas en échange de quelques pièces. Il n’est pas rare dans certaines zones de la capitale de croiser des talibés qui vous avoueront facilement rendre des services à certaines personnes pour pouvoir compléter leur versement journalier. Une question se pose : Que font ils si malgré tout ils n’arrivent pas à collecter la somme requise ?

Au meilleur des cas, les talibés rentreront en ayant dans la tête qu’ils seront battus avec pour consolation d’avoir un toit au dessus de leur tête, ou de ne pas être les seuls dans cette situation.

Certains se contenteront de ne pas rentrer en espérant pouvoir compléter le lendemain la somme pour les deux jours.

D’autres fuiront et ne rentreront pas. Ce sont ces talibés qui errent dans les rues et que l’on surnomme « Fakhman » (Déserteur) qui se regroupent en clans et sont maintenant prêts à tout faire pour trouver de quoi se nourrir car il s’agit dorénavant de leur survie.

L’ASBL et Notélé au centre AED

> participation au goûter offert aux enfants talibés

> Distribution de maillots de foot et organisation du tournoi de foot des talibés

> reportage sur le travail de Papa, Youssou, Malick, Touba ...au centre AED par Notélé

> Visite des daaras la nuit et reportage de Notélé

> Constitution d’une pharmacie financée par l’ASBL pour le centre AED

> Démarches administratives pour l’achat du terrain chez le notaire.

3ème ETAPE A YEUMBEL pour le projet de l’école de Blaton ( projet supervisé par Marina )

Début de l’année scolaire, Marina ( enseignante) avait mis sur pieds un projet avec ses collègues et élèves de Blaton pour le parrainage d’enfants à Yeumbel ( quartier des bidonvilles qui compte un million d’habitants ).

Gaufres et crêpes ont été vendues ; Vêtements et jeux éducatifs ont été collectés par les parents pour l’école maternelle et fondamentale de Yeumbel dirigée par Etienne Mendy.

Dans le cadre d’un échange entre la classe de Marina et la classe de 2ème maternelle de Madame Véronique à Yeumbel, les petits artistes de Blaton avaient confectionné des tee-shirts décorés avec leur petite main à la peinture, ce qui constituait un cadeau très personnalisé.

Et le projet de Blaton ne s’arrête pas là ! il a été enrichissant parce que pendant toute l’année scolaire, ces enfants ont découvert, grâce à l’investissment des enseignants, le Sénégal, les animaux d’Afrique, les coutumes, les réalités etc ...le thème de la fête de l’école ce samedi 10 mai était même l’Afrique ! Bravo !

Durant cette étape à Yeumbel, afin de choisir judicieusement l’enfant à parrainer, Etienne Mendy, directeur, nous a emmenés en visite dans les familles les plus défavorisées du quartier. Ce fut encore une étape très emouvante quand nous avons découvert : > des orphelins recueillis par des familles vivant déjà dans la précarité la plus totale ...

> des familles ayant le choléra vivant dans une toute petite case , sombre, insalubre et devant laquelle les asticots grouillent à proximité de l’endroit où les femmes font la cuisine...

> des familles qui n’ont pas de toit et qui se réfugient dans des bâtiments en construction ...

> des familles qui trouvent des abris de fortune pour leur survie ...

Marina, représentante de l’école de Blaton , a eu des difficultés à choisir l’enfant à parrainer tellement les demandes sont nombreuses et toutes pertinentes. Elle a choisi Louis, le frère de la petite Caroline déjà parrainée par une membre ASBL ( Pauline ). Son papa est décédé et sa maman est atteinte du virus HIV.

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Marina et Louis, parrainé par l’école de Blaton
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Ci-dessus, Caroline parrainée par Pauline - Ci-dessous, Caroline, son frère Louis parrainé par l’école de Blaton et leur maman

En ce qui concerne le rôle d’Arthur et William, ils avaient organisé pour les enfants de Thienel, les enfants talibés de Sor et les enfants de yeumbel des jeux et petites sènes de mimes. Etant donné que l’enseignement est très traditionnel, ces activités étaient bien appréciées par les enfants ! Pour terminer cette étape en beauté, au grand bonheur des enfants, une excursion était organisée à Toubab Dialo.

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Dans le bus : à gauche, Kahia , orpheline, parrainée par Antoine et Fati, parrainée par Pierre

> déplacement en bus ou car rapide avec un nombre impressionnant d’enfants par véhicule ( impossible de les compter ! ) > Les enseignants avaient emporté matériel "sono" , petit chapiteau, les casseroles et plats pour cuisiner sur la plage

Nous avons évidemment fait la fête avec les enfants, heureux de déconnecter de leur vie quotidienne très peu enviable.

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PÊLE-MÊLE ET SOUVENIRS ...

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Habitante " toucouleur " de Thienel

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Birane, directeur de l’école " Avenir "

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L’équipe de l’AED et la famille de Souleymane Anne

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..............HUMOUR................

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R.V.

Pas facile... De dormir par terre pendant pratiquement 15 jours, dormir sur un terrain vague rempli de chardons, passer des nuits blanches à cause des chants du prophète ou à cause du bêlement des moutons, planter des arbres sous un soleil de plomb , manquer d’eau, ...

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Après avoir écouté, observé, collecté les informations, les paysages, les images, les scènes de la vie...dans le silence.......

En rentrant du Sénégal...Comme après chaque voyage ...

D’abord, le choc thermique... Le choc des civilisations... Le choc de voir les belles voitures, les belles maisons, les belles routes et autoroutes, les dix mètres de rayons de biscuits des grandes surfaces, la couleur verte de l’herbe partout, le choc de se laver dans un bain contenant 120 litres d’eau alors que là-bas, sous les étoiles filantes de Thienel, on est heureux de recevoir un demi litre pour se rafraîchir ! Un vrai bond en avant sur la ligne du temps !

Ensuite, la gorge et le thorax toujours serrés après de nouvelles visites des daaras ... Impossible d’être ‘blindée’, on a un goût amer !

Et puis l’écoeurement... A quand l’électrification dans les villages de brousse ? A quand le développement durable de l’agriculture ? A quand la lutte contre l’analphabétisme ? A quand l’alimentation équilibrée pour tous les enfants ? A quand la formation de plus spécialistes en énergie solaire, de plus d’enseignants et d’infirmiers ? A quand...

Et il faut garder le sourire même si parfois, on a envie de pleurer.

Echanger, réfléchir, analyser, les comprendre...Agir et aider. Passer le relais d’un groupe à l’autre, être clairvoyante, honnête, stricte et juste .

Continuer à donner de l’affection, les encourager, amuser les enfants, être à l’écoute des enseignants et des responsables des villages, leur donner la chance de devenir autonome

Ca vaut la peine...

M-P

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